Les carnets

« J’ai besoin de mon histoire comme de celle d’un autre pour ne pas m’oublier sans cesse et m’ignorer » Benjamin Constant

©CBàlG

Après le décès de son mari et de ses frères, Marie reste seule dans la grande maison. L’étable est vide, il n’y a plus que des chats, quelques lapins et des poules à nourrir. Un neveu vient faire le jardin. Elle l’attend. Parfois, elle l’attend toute la journée.

Elle vit dans un hameau de la montagne forézienne, un de ces hameaux qui se sont vidés de leurs habitants au tournant du siècle. On l’enterre le 24 juin 2011.

Lorsque le nouveau propriétaire débarrasse les lieux, il retrouve les carnets dans lesquels elle notait son quotidien, journal intime de ses occupations, comptabilité minutieuse de ses travaux.

Il s’appelle Claude BENOIT à la GUILLAUME. Il photographie.

C’est mon nouveau voisin.

Un jour, il m’apporte un agenda du Crédit agricole à la couverture rouge daté de 2000, l’année qui a suivi le décès de ma mère.

« Laurence arrivée avec un copain, repartie seule. Laissé lumière allumée dans la salle de bains ». Une rupture en trois lignes serrées.

J’ai rangé le carnet. Et puis cet été Claude a fait du rangement et m’a montré d’autres carnets, serrés dans une boîte en fer.

Ce blog livre des indices du travail en cours.