Rapetassage

En parallèle de ce travail photographique sur “Pas vu Maurice”, Claude BENOIT à la GUILLAUME approche ces carnets sous un autre angle…

Marie, l’auteure de ces manuscrits/agendas a aussi laissé en partant, outre nombre de bocaux, chaises, bassines et autres dame-jeanne, des habits.
Des pantalons des hommes de la maison, des vestes de travail, mais aussi son tablier de cuisine, des draps, des torchons, des nappes, tous rapetassés, ravaudés, reprisés …

Des oeuvres d’art pour certains.

Claude photographie ces habits, tissus réparés, mis en valeur sur des peaux elles aussi réparées ou porteuses de traces de vie. Des cicatrices, vergetures, grain de peau … Dans sa série “rapetassage” il se plait à rendre beau, en donnant sa vision de ces marques que l’on s’applique ordinairement à cacher, tant nous sommes conditionnés par les Unes lisses et insipides des magazines …

Ces carnets, avec cette écriture tassée, ces “pattes de mouches”, ces moindres espaces noircis par des lettres appliquées évoquent eux aussi le rapetassage…
Certaines pages sont reprisées comme les coudes de la veste de travail en moleskine de Jules ou le pantalon de Jacques.
D’ailleurs, le mot rapetassage, en plus de ravaudage, ne veut-il pas aussi dire travailler un manuscrit?
Raturer, ajouter des mots, corriger, rayer, gommer, réécrire….

Décidément, ces carnets, abandonnés, oubliés et maintenant sauvés, sont une mine pour qui fait un pas de côté en les ouvrant.

Est-ce que Marie s’en doutait?

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